Ironman World Championship Kona 2017

Aloha !
Juste le fait de prononcer ce mot donne le sourire. Vous avez essayé ? Ahah 😉

Un voyage au paradis…
Cet Ironman n’est définitivement pas comme les autres. Impressionnant, intimidant mais tellement inspirant !

Après ma qualification à Bolton, j’avais 3 mois pour me préparer à ce challenge.
Il n’était plus question de « juste participer », je voulais saisir cette opportunité de me mesurer aux meilleurs, au top de leur forme, sur cette course mythique.
L’appétit vient en mangeant.

3 mois donc à m’entraîner comme jamais, à courir en habits de ski, à nager en combinaison néoprène à la piscine, à finir mes séances d’entraînement par d’interminables sessions de sauna, 3 mois à sourire seul à l’entraînement, sachant où tout cela me menait.

Et ça passe vite ! Surtout avec 3 semaines de service militaire à 1 mois de l’échéance.
La date du départ a surgi précipitamment, mêlant excitation et appréhension.
Partir pour une île de rêve, participer à l’une des courses d’endurance des plus prestigieuses, sans pression, sans objectif précis, mais avec la ferme intention de laisser mes tripes sur place.

Je suis arrivé sur place 15 jours avant le départ pour me laisser le temps de m’acclimater, de digérer les 12h de décalage horaire et de reconnaître le parcours.
Dès l’arrivée sur le tarmac à la descente de l’avion, la chaleur et l’humidité me rappellent que cette fois, pour de vrai, je suis à Kona ! 🙂
Les premiers jours, les premiers entraînements et quelques gallons de transpiration me permettent de découvrir ce lieu historique du triathlon. Je peux enfin mettre des images et des sensations sur tous ces lieus légendaires : THE Pier, THE Queen K Hyw, THE Ali’i Dr, THE Palini Rd, THE Energy Lab, …
La magie commence à opérer…
Et très vite je me rends compte que je me sens bien ici. L’île volcanique me paraît nettement moins intimidante que celle, hostile, de Lanzarote. Mon corps semble également mieux supporter cette chaleur humide et je me sens très à l’aise à nager sans combi dans l’eau salée.

Les jours passent, la petite ville commence à déborder de triathlètes et l’excitation monte. La pression aussi.
Encore quelques soucis en course à pieds, mais les sensations et la forme sont au rendez-vous.

Let the big show begin ! !
Jour J. Le calme de l’océan tranche avec l’effervescence de la zone de transition.
Les guerriers se lancent à l’eau pour rejoindre la ligne de départ située à 200m du bord.
Un dernier regard en arrière, la foule sur les quais est impressionnante.
Coup de canon ! Enfin !

HEI HEI’AU KAI (natation)

Il faut imaginer quelque 1600 hommes partir en même temps, le couteau entre les dents, ici pour donner tout ce qu’ils ont. Et ils en ont beaucoup ! Personne n’est fatigué au départ…

J’ai l’impression d’utiliser plus de temps et d’énergie à me faire une place qu’à avancer. Je prends un coup, j’en donne 2, je me fais une place au mieux dans le sillage des concurrents mais les bonnes sensations de l’entraînement sont toujours là et la boucle de natation est vite avalée.

Je sors de l’eau pas trop entamé et jette un coup d’œil au chrono du panneau d’affichage, puis un deuxième, un troisième, je n’y crois pas ! 1h00 ! Mon meilleur temps sur la distance largement battu, sans combi et dans ces conditions ? ça va être une grande journée !!

PAKIKALA (vélo)

Je n’ai jamais réalisé une transition aussi tranquille. Il y’a tellement de monde dans le parc de transition que l’on marche avec nos vélos dans les allées.
Je passe la ligne, enfourche ma fidèle monture (un des seuls vélos de route du parc) et m’élance sur MON terrain de jeux.

Je profite des premiers km sur le circuit urbain pour remonter un maximum de monde et limiter les problèmes redoutés de drafting.
On arrive sur la fameuse Queen K et c’est parti pour 80km de ligne droite sur une autoroute balayée par le vent.

Mon bon temps en natation me permet d’être bien positionné et je découvre pour la première fois en triathlon ce que c’est que d’être dans la dynamique de la course plutôt qu’à chasser seul à l’arrière.
On est beaucoup et très compact sur les premiers kilomètres mais ça roule « réglo ». Rien à voir avec Mooloolaba l’année dernière et chacun respecte le mieux possible dans cette masse les règles de drafting qui nous interdisent de profiter de l’aspiration des autres concurrents.
Je reste tranquille dans cette file d’athlètes, je suis le rythme, j’attends mon heure, la journée est encore longue.

Au moment d’attaquer les dernières ondulations de terrain avant la montée sur Hawi et le demi-tour, une lumière s’allume sous mon casque : c’est le moment !
Je commence à faire parler mes armes et remonte de longues files d’athlètes. Les jambes sont là, la machine est en marche. La montée sur Hawi me permet de m’isoler.
Demi-tour, descente et retour sur Kona, vent de face. Tout va très vite. Je retrouve la dynamique que je connais : débrancher, appuyer et dépasser.

HOLO HEI HEI (course à pied)

Début du marathon avec de bonnes sensations le long d’Ali’i Dr où l’on retrouve de l’ambiance et un peu de « fraîcheur ».
Je pars tranquille et comme souvent, beaucoup me dépassent. Je sais que ça sera l’inverse dans 20km.

Premier demi-tour puis retour en ville, up Palani Rd, abandon des derniers spectateurs et c’est parti pour les choses sérieuses.
Mais la machine ne répond plus aussi bien qu’avant. La chaleur devient étouffante au milieu de ce désert de lave et je ne parviens pas à inverser la tendance du flux d’athlètes à mes côtés.
Je m’accroche, je me bats, c’est comme cela que se passe un marathon sur Ironman et l’Energy Lab n’y change rien.

J’arrive à nouveau sur les hauts de Kona et pense qu’il ne me reste plus qu’à me laisser couler vers la ligne d’arrivée. Ohhh non ! Après une telle journée, même la descente est un supplice pour les muscles et la relance au plat encore pire.

Mais j’aperçois la ligne d’arrivée. Un regard en arrière, cool, je suis seul et je vais pouvoir savourer ces derniers instants.
Je vole sur le tapis aux M rouges et passe la ligne dans un cri de joie !
Contrôle de mon temps : en dessous de 9h30 ! Waoowww ! Le pied ! Et je m’écroule dans la zone de récupération. Vidé. Heureux.

Il me reste 1 semaine pour visiter et profiter de cette île paradisiaque. Je me sens si bien ici, le départ va être difficile.
J’ai réalisé un rêve, atteint un objectif majeur avec un résultat au-dessus de mes attentes.
Et pourtant je n’en ai pas encore assez. Je ne suis pas rassasié. Vivement la suite !!

3 réactions sur “ Ironman World Championship Kona 2017 ”

  1. Matter Catherine Réponse

    Ta pugnacité m épate et ton coup de plume n est pas mal non plus. Merci de nous faire vivre ce moment exceptionnel. Tu es magnifique 👍 becs Cathy

  2. (Bosshard) Boulot Réponse

    Merci pour ton récit, j’en ai eu les larmes aux yeux (j’ai décroché il y a pas mal d’années mais ça me parle)! Bravo champion.
    Stéphanie

  3. Christo Réponse

    Jolis récit et magnifique performance. Félicitation pour ce que tu es en train de réaliser. Suis tes rêves et bonne chance!

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